Le secteur de l’environnement est-il devenu l’un des moteurs les plus prometteurs de l’économie québécoise? Comment expliquer sa croissance dans un contexte économique marqué par les défis de productivité, les transformations industrielles et les enjeux climatiques? Une chose est certaine, l’environnement n’est plus uniquement une question de protection des ressources naturelles. Il représente désormais un levier de développement économique, d’innovation et de création d’emplois.
Une économie en pleine transformation
Au Québec, les emplois liés à l’environnement et aux technologies propres atteignent 86 141 postes en 2024, selon l’Institut de la statistique du Québec. Cette croissance est directement soutenue par la transition énergétique, les investissements publics et privés ainsi que les nouvelles exigences environnementales imposées aux organisations.
À l’échelle canadienne, le secteur des technologies propres génère déjà 2,9 % du PIB national et représente 1,6 % de l’emploi total, démontrant son importance grandissante dans l’économie du pays.
Sources : Institut de la statistique du Québec et Gouvernement du Canada.
Un marché de l’emploi porteur d’opportunités
Cette vitalité économique se traduit directement sur le marché du travail. Conseillers en main-d’œuvre spécialisée demeurent élevés et touchent une grande diversité de professions : ingénieurs en environnement, biologistes, urbanistes, conseillers en développement durable, chargés de projet, spécialistes en conformité environnementale ou encore experts en bilan carbone. Les entreprises recherchent activement des candidats capables d’accompagner leur transition vers des pratiques plus durables.
Toutefois, le contexte économique de 2026 apporte son lot d’incertitudes. Selon une enquête de la Canada Cleantech Alliance, 71 % des entreprises du secteur des technologies propres affirment être touchées ou anticipent des impacts liés aux tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis. Malgré cette situation, les organisations continuent de s’adapter. 45 % d’entre elles développent de nouveaux marchés à l’extérieur des États-Unis afin de soutenir leur croissance. Ces résultats montrent que, même dans un contexte plus difficile, les entreprises demeurent actives et poursuivent leurs efforts en matière d’innovation et de transition environnementale.
Tariffs and Canadian Cleantech – Final Survey Integrated
Le secteur se distingue également par la qualité des emplois qu’il offre. Les services publics regroupent 26 % des emplois verts au Québec, suivis de la construction (23 %) et des services professionnels, scientifiques et techniques (17 %). Cette répartition démontre que l’environnement ne se limite plus à un secteur d’activité précis, mais influence désormais l’ensemble de l’économie. La croissance particulièrement marquée des services scientifiques et techniques témoigne d’ailleurs de l’importance croissante de l’innovation, de la recherche et du génie-conseil dans la transition verte.
Source : Institut de la statistique du Québec, Emplois verts
L’environnement : un investissement dans l’avenir
Au-delà des chiffres, l’économie verte apparaît comme l’un des principaux vecteurs de résilience économique pour les prochaines décennies. Les organisations qui investissent dans la décarbonisation, l’efficacité énergétique, l’économie circulaire et les technologies propres répondent non seulement aux impératifs environnementaux, mais renforcent également leur compétitivité. Dans ce contexte, les talents spécialisés deviennent des acteurs clés de cette transformation.
Si le contexte économique de 2026 invite les entreprises à la prudence, les enjeux environnementaux continuent d’influencer les décisions d’affaires à long terme. Les investissements liés à la transition énergétique, à l’efficacité des ressources et à la conformité réglementaire demeurent des priorités pour de nombreuses organisations. Cette réalité maintient un besoin constant de professionnels qualifiés capables d’accompagner les entreprises dans leur adaptation. Dans un monde en transformation, l’environnement demeure ainsi un levier stratégique de développement économique et de création de valeur pour le Québec.
Sources : Institut de la statistique du Québec, Emplois verts 2024 et Gouvernement du Canada, Secteur de l’environnement et des technologies propres, Emplois liés à l’environnement et aux technologies propres, Québec, 2012-2024
